Excoriose

Vraisemblablement d'origine européenne, seule la forme imparfaite du champignon (Phomopsis viticola) semble avoir un rôle dans l'épidémiologie d'excoriose.

Il s'agit d'une maladie très répandue dans les vignobles du monde et spécialement dans les vignobles pluvieux de la façade atlantique.

Sur les vignes atteintes, on peut observer au printemps, 15 jours après le débourrement (sur les 3 premiers entre-noeuds en général) des taches ponctiformes ou allongées de couleur noire. Ces taches vont évoluer en été vers des nécroses brunâtres, des croutes noires ou des lésions étendues, brun-marron présentant des striations perpendiculaires d'aspect liégeux (faciès "tablettes de chocolat"). Dans le cas d'attaques sévères, les feuilles peuvent présenter des taches rondes qui se dessèchent et tombent. Le feuillage prend alors un aspect plombé. Le champignon peut également parfois attaquer les baies. Ce phénomène assez fréquemment observé aux USA est plus rare dans nos vignobles. Les rameaux atteints d'excoriose fragilisés peuvent casser, ce qui peut provoquer d'importantes pertes de récolte, notamment sur les tailles courtes à 2 yeux.

 

Les nécroses déjà observées au printemps restent visibles sur les rameaux aoûtés. On peut observer également, dans le cas d'attaque sévère du rameau dans sa partie basale, un étranglement au niveau de l'insertion du bois de 2 ans. Des blanchissements ponctués de petites taches noires (pycnides) sont parfois observés sur les premiers entre-cœurs d'un rameau atteint. En hiver, les pycnides exsudent des cordonnets de couleur jaune pâle qui contiennent les pycniospores. Le printemps suivant, au moment du débourrement, certains rameaux peuvent même avorter.

Cycle biologique du champignon associé à l’excoriose de la vigne

Le champignon responsable de l'excoriose (forme parfaite Phomopsis viticola) se conserve durant l'hiver sous forme de mycélium et de pycnides sur les écorces et sous forme de mycélium uniquement sur les bourgeons dormants. Il produit des pycnides de couleur noire à la fin de l'hiver et au printemps sur les bois excoriés. Lorsque les conditions climatiques deviennent favorables à la germination des pycnides (précipitations prolongées), celles-ci émettent un cordonnet de couleur jaune contenant les pycniospores. La pluie, en diluant ces cordonnets et les spores, va permettre leurs disséminations sur des organes réceptifs où ils germeront si la période d'huméfaction est suffisamment longue. Cette dissémination se fait sur de courtes distances et la maladie reste très localisée. Le matériel végétal contaminé est par contre une source de dissémination sur de longues distances. La vigne possède une période de réceptivité très courte s'étalant du stade D au stade E de Baggiolini.

A noter qu'il est plutôt facile de réaliser un diagnostic de l'excoriose en plaçant, pendant quelques jours, un fragment de rameau atteint en chambre humide. Les pycnides exsudent, après 24 à 48 heures, les cordonnets contenant les pycniospores.

Lutte prophylactique

  • Eliminer au moment de la taille les rameaux atteints et les évacuer de la parcelle
  • Contrôler la vigueur de la vigne (enherbement, fertilisation azotée...) pour ne pas favoriser le développement de la maladie

Lutte biologique

La lutte contre l'excoriose au vignoble dépend de l'historique de la parcelle. Les traitements sont à réaliser obligatoirement de manière préventive pendant la phase de sensibilité de la vigne, entre le stade D et E. Si des symptômes sont observés à la taille sur rameaux, il sera nécessaire d'envisager une protection, à moins que les prévisions météorologiques ne garantissent un temps très sec.

Deux stratégies sont envisageables:

  • Application d'un fongicide de contact aux stades D (30 à 40% des bourgeons au stade E) et E (40% des bourgeons au stade E).
  • Application au stade D d'une spécialité à base de fosétyl-al associé à un fongicide de contact

Les spécialités autorisées pour la lutte contre l'excoriose sont nombreuses. Il est conseillé de réaliser les traitements contre l'excoriose à des volumes par hectare importants (de 400 à 600 L/ha), de façon à bien mouiller les bourgeons et les bois de taille. Ces traitements peuvent être réalisés sous une pluie légère.