Bonnes pratiques

Les bonnes pratiques favorisent la sécurité de l’applicateur et de l’environnement tout en permettant un bon niveau de protection de la culture pour assurer la quantité et la qualité de la récolte.

Une partie de ces pratiques sont encadrées par la réglementation, voir "usage des produits phytosanitaires". La bonne pratique commence par le respect de la réglementation en vigueur, notamment l’emploi de produits bénéficiant d’une AMM pour l’usage concerné. La mise en œuvre des bonnes pratiques s’effectue à chaque étape de l’application de produits phytopharmaceutiques.

Raisonner ses traitements

Toute intervention doit tenir compte de la pression parasitaire au niveau de la parcelle.
Les outils d’aide à la décision (OAD) sont des modèles permettant d’apprécier le risque parasitaire d’après les données climatiques, l’historique de la parcelle, la sensibilité variétale et les observations réalisées par l’agriculteur.
Ces outils permettent d’optimiser le positionnement des traitements, réduisant ainsi son impact environnemental tout en garantissant une protection satisfaisante. 

Les Bulletins de Santé Végétale (BSV) édités dans chaque région pour chaque grand groupe de cultures, apportent des informations sur le risque parasitaire au niveau régional. Ils sont des outils incontournables pour raisonner le programme de protection phytopharmaceutique.

La mise en œuvre des moyens de lutte prophylactique est une action complémentaire aux traitements car elle réduit notablement le risque parasitaire et facilite une bonne protection de la culture.

Prévenir ou gérer les problèmes de résistance

La pression de sélection due à l’utilisation répétée d’une famille de substances actives, favorise l’émergence de souche ou de biotypes résistants à cette famille de molécules.
Ce phénomène est observé pour tous les types d’organismes : mauvaises herbes, champignons, insectes, acariens, nématodes… 

Afin de prévenir ou gérer l’apparition de résistance, il convient d’alterner les modes d’action des produits utilisés. 

Davantage de précisions sont apportées dans la Note Nationale Gestion de Résistance Mildiou et Oïdium de la vigne réalisé par le groupe de travail constitué par la DGAL, l’ANSES, l’INRA, l’IFV et le CIVC.

Gérer ses stocks de produits pour limiter les PPNU

Il existe deux sources de PPNU (Produit Phytopharmaceutique Non Utilisable) : les spécialités retirées du marché pour des raisons réglementaires, les produits issus de lots âgés de plus de deux ans.

Dans le premier cas, il convient de s’informer des retraits d’AMM pour non inscription de la substance active sur la liste des substances approuvées. Une veille réglementaire est nécessaire. Le retrait d’une substance s’accompagne d’un calendrier du retrait d’AMM et d’utilisation des produits en contenant. Il faut respecter le délai d’utilisation accordé par les autorités, au-delà le produit ne sera plus utilisable et sera un PPNU qu’il faudra éliminer dans des centres spécialisés.

Le cas correspondant à la date de péremption du lot se gère par quelques principes faciles à mettre en œuvre. Sur l’étagère les lots sont rangés de l’avant vers l’arrière, du lot le plus ancien au lot le plus récent. Le plus ancien sera alors le plus accessible et le premier utilisé. On applique le principe « premier entrant – premier sortant » limitant l’apparition de PPNU due à l’âge du lot. Le déchet le plus facile à éliminer est celui qu’on ne produit pas.

Liste des produits autorisés : https://ephy.anses.fr/

 

Pour contribuer à une agriculture durable et respectueuse de l’environnement, ACTION PIN contribue au financement du programme ADIVALOR pour l’élimination de ses emballages. 

Pour en savoir sur ADIVALOR et la gestion des déchets : http://www.adivalor.fr/

 

 

Prendre soin de son matériel de pulvérisation

Pour une bonne qualité de pulvérisation, le matériel de pulvérisation doit être correctement réglé et entretenu.
Depuis 2009, le contrôle technique des pulvérisateurs par un organisme agréé est obligatoire.
Pour limiter les risques de sélectivité ou d’incidents en cours de pulvérisation, le pulvérisateur sera nettoyé après chaque utilisation.

Préparer la bouillie en toute sécurité et dans le respect de l’environnement

Avant de préparer la bouillie, il convient de vérifier

Conformément à la réglementation, il conviendra de respecter les zones non traitées (ZNT),  le système de remplissage de la cuve doit être dotée d’un dispositif empêchant tout retour de l’eau de la cuve vers le réseau de distribution.
Le remplissage se réalise sur une aire permettant de recueillir les éventuels débordements qu’il conviendra d’éviter en étant vigilant et/ou par l’utilisation d’un adjuvant pouvant réduire la production de mousse.
Les bidons vides devront être rincés lors de la préparation de la bouillie et l’eau de rinçage mise dans la cuve.
Les emballages vides seront éliminés dans des centres agréés.

Lors de la préparation tout comme pendant toute la durée de l’application et du nettoyage du matériel, l’opérateur portera les EPI (Equipement de Protection Individuelle) adaptés : gants jetables, lunettes de protection contre les éclaboussures, masque avec filtres efficaces, tablier ou combinaison étanche. La préparation de la bouillie est une étape critique en raison de la manipulation de produits concentrés et des risques liés à la mise en œuvre (ex : éclaboussures)

Maîtriser la dérive

Lors de l’application, il conviendra de respecter les ZNT, voir "Zone non traitée".
Dans le cas où la ZNT est égale à 20 m ou à 50 m, il est possible de la réduire à 5 m à condition de remplir trois obligations :

  1. enregistrer tous les traitements réalisés sur la parcelle
  2. mettre en place un dispositif végétalisé permanent dans la ZNT
  3. mettre en œuvre un moyen réduisant de 66 % le risque pour le milieu aquatique. 

La liste de ces moyens est disponible sur le Bulletin Officiel du Ministère de l’Agriculture et de l'Alimentation

 

 

Les Adjuvants : des outils de bonne pratique

Grâce à leurs fonctions, les adjuvants peuvent assurer un bon niveau d’efficacité dans des conditions défavorables pour l’activité du produit phytopharmaceutique partenaire.

L’amélioration de la rétention améliore l’efficacité notamment pour de grosses gouttelettes et réduit les pertes au sol.

L’amélioration de l’étalement permet une répartition plus homogène du produit sur la cible, donc de la protection assurée par les produits de contact.

Le maintien des propriétés de la bouillie garantit son efficacité en situations défavorables. Ainsi une action limitant l’impact des ultra-violets améliorent les performances des pyréthrinoïdes par temps ensoleillé.

La réduction du lessivage permet de réussir le traitement en climat ou période humide et d’envisager une modulation des cadences d’application.

L’accroissement de la pénétration de la substance active dans la cible accélère son action et la met rapidement à l’abri.

L’amélioration de la qualité de la bouillie facilite sa préparation et améliore l’homogénéité de la bouillie dans la cuve.

L’amélioration de la qualité de pulvérisation complémentaire aux moyens mécaniques, réduit les pertes par dérive ou évaporation.

En améliorant les chances de réussite d’un traitement en conditions défavorables tout en réduisant les pertes dans l’environnement, les adjuvants sont des outils incontournables des bonnes pratiques.